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VENISE

Lire, c'est voyager, rêver... Et si on partait à Venise ?

Romans

Stravaganza, la cité des masques
Mary HOFFMAN
Pocket Jeunesse. 2005. 394 p.

   À Bellezza, tandis que se préparent les cérémonies traditionnelles du mariage de La Duchessa avec la Mer, Rodolfo le sage s’inquiète d’une menaçante prédiction qui concerne cette souveraine capricieuse mais adulée de ses sujets, et des complots se trament. Ailleurs, au XXIe siècle, à Londres, Lucien est un adolescent qui lutte courageusement contre son cancer. Il s’endort une nuit serrant dans la main un carnet vénitien et se réveille au XVIe siècle à Belezza ville jumelle pourrait-on dire, de Venise. Là, c’est le matin, il est guéri, rencontre Adriana qui a bravé les lois de la cité dans l’espoir de devenir gondolier, profession interdite aux filles. Il découvre aussi qu’il est un Stravagante, qu’il a le pouvoir de naviguer d’un monde à l’autre, et devient l’élève de Rodolfo. Une famille puissante, les Chimici, veut contraindre la Duchessa à se soumettre aux lois de la Republica.
  
Lucien prend le risque de rester aussi la nuit à Belezza mais doit pour cela ruser pour cacher à ses parents ses sommeils diurnes qui sont de plus en plus profonds. Il profite à plein aussi d’un voyage avec eux à Venise, la vraie.
  
De nombreuses péripéties et révélations rythment le roman car les mystères ne manquent pas autour de La Duchessa, les fastes d’une ville, de ses fêtes, de leurs rites. Les lecteurs filles et garçons trouveront plaisir à vivre aux côtés de héros attachants, Lucien-Luciano qui reste un garçon de notre époque et Adriana qui revendique fort la liberté de décider de son destin. Du suspense, une fin douloureuse dans un monde, le pouvoir de vivre complètement dans l’autre donnent des couleurs contrastées à cette aventure.

L’Odyssée de la Pierre de Sang
Jamila GAVIN
Gallimard Jeunesse (Folio junior). 2004.
471 p.

   Filippo est le sixième enfant du joaillier vénitien Geronimo Veroneo parti en Hindoustan il y a douze ans. Né après le départ de son père, il ne le connaît pas et pourtant il le «voit», assis dans son fauteuil, à l’atelier, il lui «parle» et cela depuis sa naissance... Depuis six ans la famille n’a plus de nouvelles du voyageur mais ne veut pas croire à sa mort. Sa femme continue de dessiner de précieux bijoux qu’exécutent ses deux grands fils. Mais le Signor Pagliarin, sinistre individu au bord de la ruine, riche veuf remarié à la fille aînée, tente de s’approprier les richesses du joaillier, en particulier l’Océan de Lune, merveilleux diamant monté en pendentif, le chef d’œuvre de Geronimo, offert à sa femme en gage d’amour. Se présentent alors deux messagers venus chercher la rançon réclamée par un brigand afghan qui retient le père en otage. C’est avec Signor Khan, un musulman au regard impénétrable, que Filippo s’embarque, le diamant fabuleux serti dans son crâne, comme un troisième œil omniscient.
  
« Depuis que le monde est monde, les diamants ont fait couler plus de sang que les autres pierres, on les surnomme pierres de sang » et ce roman en témoigne... L’action se passe au début du XVII° siècle. Le lecteur se trouve embarqué pour un très long voyage de Venise à Kaboul. Tempêtes en mer et dans le désert, dangers constants, mais aussi airs de flûte et une certaine mystérieuse odeur de cannelle accompagnent les voyageurs durant leur «odyssée». 

Le Prince des voleurs
Cornelia FUNKE, ill. de l’auteur
Hachette Jeunesse. 2003. 462 p.

   Une petite bande d’enfants des rues vit à Venise dans un cinéma désaffecté, protégés par le « prince des voleurs », personnage mystérieux, toujours masqué, qui charge les enfants de revendre son butin. Un détective farfelu recherche les deux orphelins qui ont été accueillis dans ce groupe : leur détestable tante Esther l’a embauché pour les retrouver afin de garder avec elle le plus jeune et mettre en pension l’aîné. Echappant par leurs ruses à la filature, les enfants vont être emportés comme en un tourbillon dans des aventures où le fantastique transportera certains d’entre eux jusqu’au manège enchanté de l’Isola Segreta ; l’aile du lion d’or retrouvée leur permettra de devenir adulte ou de retourner enfant.
  
D’une réalité minutieuse dans la description des lieux, des actions, ce roman est illustré à chaque début de chapitre par un croquis à l’encre de Chine de différents sites de Venise. Des têtes de lion, masques, figurines, en ornent la fin, contribuant à créer une ambiance vénitienne. L’amitié entre les enfants, leur solidarité, leur vivacité, l’amour fraternel des orphelins, le grand cœur de certains adultes et leur attachement aux enfants, donnent au Prince des voleurs une densité humaine et morale que les larcins ne gâchent pas.
  
Malgré son nombre de pages, ce roman d’aventures peut convenir à de jeunes bons lecteurs à partir de 12 ans et à tous les amoureux de Venise, ville personnage avec ses ruelles, ses canaux, ses ponts, ses coupoles, ses lions d’or, sa lagune, ses îles, son atmosphère de mystère  la figure du prince des voleurs continue à entretenir.