ARPLE
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8, rue de Lille
92000 NANTERRE
Karim RESSOUNI-DEMIGNEUX ill.
Monike Czarnecki
Pour Ismaïl cette année-là c’est une horrible
année : celle de sa puberté. Son nez a grossi, il a des boutons
blancs, des points noirs et des poils qui le grattent, il ne pense
plus qu’à ça. « Une puberté qui démarre à 13 ans, c’est pas
possible » s’exclame sa mère « Eh, nous les arabes, on n’attend pas
pour ces choses-là » a répondu son père qui est marocain.
Michael MORPURGO, ill. Michael FOREMAN
Kaspar le chat du Grand Hôtel
Trad. de l'anglais.
Gallimard Jeunesse, 2009. 208 p.
12,50 €. (Sélection N°38, p. 74)
Et si les chats noirs contrairement à ce que
l'on dit portaient bonheur ? Ou comment un chat, mais pas n'importe lequel,
Kaspar Kandinsky, le prince des chats, permit à un jeune orphelin, groom dans un
grand hôtel londonien, de susciter l'affection d'une célèbre diva russe, de
connaître l'amitié d'une petite Américaine, indépendante et chaleureuse, de
s'embarquer enfin pour New York, et pas sur n'importe quel bateau, sur le
Titanic.
Avec un grand talent de conteur, beaucoup de tendresse et une touche d'humour,
Michael Morpurgo nous entraîne à la suite de Johnny Trott et de ses comparses.
Les fines aquarelles de Michael Foreman contribuent au charme du récit.
9/10 ans.
Karen LEVINE 
La Valise d'Hana
Trad. de l'anglais
Flammarion (Castor poche), 2009. 192 p. 5,70 €. (Sélection N°38, p. 81)
En 1998, à Tokyo, s'ouvre un musée pour faire découvrir aux enfants du Japon ce
que fut la Shoah. Fumiko, la jeune femme responsable de ce projet, pense qu'il
faut du concret pour sensibiliser les enfants. Elle ira elle-même à Auschwitz et
recevra un colis contenant une valise portant l'inscription : Hana Brady, 16 mai
1931. Ce livre est l'histoire alternée de la famille Brady qui jusqu'en 1939 vit
tranquillement en Tchécoslovaquie et de Fumiko qui soixante ans plus tard
cherche des souvenirs de la petite fille. Les Brady sont des gens heureux ; Hana
a un grand frère, Georges, qu'elle adore ; ils sont juifs, non pratiquants, et
ne se sentent pas concernés par ce qui se passe en Autriche, pourquoi s'en
prendrait-on à eux ? Mais leur pays est envahi, on commence par leur imposer
l'étoile jaune, puis c'est le début des rafles, les arrestations. Pendant deux
ans, père, mère, enfants sont ensemble dans le même camp, mais au moment d'être
transférés ils sont séparés et on ne reverra jamais Hana. Grâce à sa ténacité,
Fumiko apprend que Georges, le seul survivant, vit au Canada. En 2001, celui qui
est devenu un vieux monsieur se rend à Tokyo où il retrouve avec une intense
émotion la valise de sa petite sœur.
Cette histoire bouleversante est une histoire vraie et l'exposition « La Shoah
vue par les enfants » continue de circuler au Japon.
Un très beau livre à partir de 11 ans
et pour tous.
Isabelle
PANDAZOPOULOS
On s'est juste embrassés
Gallimard (Scripto). 2009. 155 p. 8 €. (Sélection N°38 p. 109)
Aïcha a 15 ans, vit seule avec sa mère, se croit coupable du départ de son père
et ne sait pas qui elle est. Tout juste sait-elle que ses grands-parents, venus
en France il y a 80 ans, étaient Algériens. Fragile, dépressive, sa mère refuse
tout dialogue. Elle ne dit rien de son passé, rien de son mari, rejette tout de
ses origines, se désespère que la population du collège soit aussi mélangée.
Aïcha ne doit pas fréquenter ces « gens-là ». C'est pourtant parmi eux qu'Aïcha
se sent heureuse, auprès de son amie Sabrina et de son grand-frère Walid dont
elle est certaine d'être amoureuse depuis qu'un soir ils se sont embrassés.
Toute sa vie bascule lorsque Walid laisse se répandre la rumeur qu'ils ont
couché ensemble. Injuriée, méprisée de tous, rejetée par Sabrina, Aïcha sèche
les cours, se réfugie dans les livres avant de fuguer avec Koto, celui qui
l'aime en secret depuis si longtemps, le seul qui la respecte. C'est avec son
aide qu'Aïcha part à la recherche de ses origines, fait la connaissance de sa
famille, découvre son histoire et conquiert enfin son identité. Niée, étouffée
par les silences, les mensonges et les lâchetés, Aïcha mène un combat difficile
dont elle sortira victorieuse, traçant son chemin avec courage. L'avenir, enfin,
lui appartient.
Une écriture dynamique. Une héroïne attachante. Un premier roman bouleversant.
À partir de 13 ans
Magnus NORDIN 
La Princesse et l'assassin
Trad. du suédois
Rouergue (doAdo noir), 2009. 255 p., 13,50 €. (Sélection N°38 p. 110)
Nina et ses parents déménagent fréquemment ; c'est nécessaire pour le travail de
son père qui adore sa fille unique « ma princesse » ; sa mère alcoolique et
dépressive ne quitte plus la maison. Il faut que Nina fasse son trou au lycée.
Poussée par son professeur de suédois, elle fait la connaissance de Lenita qui
se révèle une fausse amie, de Markus qui habite près de chez elle et avec qui
elle travaille. Un soir, Markus qui rentre chez lui voit une voiture heurter un
arbre ; en sort un homme couvert de sang, c'est le père de Nina. Le lendemain,
on découvre un jeune homme assassiné, meurtre qui ressemble fort à celui d’un
garçon, un an auparavant, retrouvé dans le coma dans une déchetterie, drogué et
poignardé, crime jamais élucidé.
Markus ne sait pas quoi faire, faut-il prévenir la police ? Et voilà le lecteur
embarqué de fausse piste en fausse piste auxquelles se mêlent des secrets de
famille. Une intrigue bien menée, des personnages attachants pour ce thriller
haletant à partir de 13 ans.
MURAIL Marie-Aude
Papa et maman sont dans un bateau
L’École des loisirs (Médium), 2009. 295 pages, 11 €
Marc et Nadine sont dans le bateau de la vie quotidienne sur le point de
chavirer. Estéban le voit bien avec ses yeux d'enfant intelligent. Tout autour
de lui est robot, maman surmenée, papa toujours au bureau, appareils ménagers
toujours détraqués, jusqu'au jour où une panne générale signera la fin du monde.
Seul papa peut résister. En effet, Marc, directeur d'une agence de transport
routier, est un patron atypique, protecteur, courageux, admiré, au charme fou et
mène bien son agence. Mais l'entreprise est rachetée par les Hollandais qui
décident une restructuration au nom de la rentabilité. Marc résume bien la
situation nouvelle : « c'est le merdier ».
En feuilletant par hasard le magazine Psychologies, chacun
est attiré par la photo de la yourte de Mongolie. Elle absorbe les angoisses
d'Estéban malmené à l'école à cause de sa petite taille, concrétise l'envie de
liberté de Marc, le désir d'aller de l'avant de Charlie, la fille aînée friande
de mangas qui voudrait se fuir et fuir le monde étriqué de son collège. Et pour
Nadine, parfaite maîtresse de maternelle, cette yourte c'est l'évasion. Dans la
période de doute qu'elle traverse, le jour où on lui dit qu'elle doit licencier
Jules, trois ans et demi, elle
improvise le déroulement de sa classe, signe suprême de rébellion. C'est bien la
panne générale mais Marc a la solution. Il démissionne et se lance dans
le commerce des yourtes qu'il va chercher en Mongolie, pays des grands espaces
où toute la famille ira en vacances.
Ce roman aborde des sujets d'actualité de façon très vivante et montre avec
beaucoup d'humour et de lucidité les limites et l'absurdité de notre société
dont on a tous besoin de s'évader un jour.
Pour tous à partir de 13 ans.
A LIRE...
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Décembre 2009
Archive 2008
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